vendredi, août 10, 2007

L'élégance du hérisson, Muriel Barbery


J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre: la beauté des phrases, l'humour léger ou dévastateur, la pureté des sentiments, la finesse des réflexions, tout m'a séduite. Ce savoureux roman a deux voix: celle de Madame Michel, 54 ans, vieille, laide, concierge d'un immeuble bourgeois rue de Grenelle et qui cherche à dissimuler à tous son appétit pour la culture; et celle de Paloma, pauvre petite fille riche de 12 ans, exceptionnellement intelligente, à la recherche de pensées profondes avant de mettre fin à ses jours. Ces deux âmes élevées sont vouées à se rencontrer par l'intermédiaire d'un énigmatique japonais... Un extrait du journal de Paloma:

C'est un invité de papa, au dîner d'hier, qui l'a dit : "Ceux qui savent faire font, ceux qui ne savent pas faire enseignent, ceux qui ne savent pas enseigner enseignent aux enseignants et ceux qui ne savent pas enseigner aux enseignants font de la politique." (...) Je m'explique : il n'y a pas plus midinette que le cynique. C'est parce qu'il croit encore à toute force que le monde a un sens et parce qu'il n'arrive pas à renoncer aux fadaises de l'enfance qu'il adopte l'attitude inverse. "La vie est une catin, je ne crois plus en rien et j'en jouirai jusqu'à la nausée" est la parole même du naïf contrarié. (...) Moi je pense que cette phrase est une vraie pensée profonde, justement parce que ce n'est pas vrai, en tout cas pas entièrement vrai. Ca ne veut pas dire ce qu'on croit au départ. Si on s'élevait dans la hiérarchie sociale en proportion de son incompétence, je vous garantis que le monde ne tournerait pas comme il tourne. Mais le problème n'est pas là. Ce que veut dire cette phrase, ce n'est pas que les incompétents ont une place au soleil, c'est que rien n'est plus dur et injuste que la réalité humaine : les hommes vivent dans un monde où ce sont les mots et non les actes qui ont du pouvoir, où la compétence ultime, c'est la maîtrise du langage. C'est terrible, parce que, au fond, nous sommes des primates programmés pour manger, dormir, nous reproduire, conquérir et sécuriser notre territoire et que les plus doués pour ça, les plus animaux d'entre nous, se font toujours avoir par les autres, ceux qui parlent bien alors qu'ils seraient incapables de défendre leur jardin, de ramener un lapin pour le dîner ou de procréer correctement. Les hommes vivent dans un monde où se sont les faibles qui dominent. C'est une injure terrible à notre nature animale, un genre de perversion, de contradiction profonde.

et pour ceux qui s'interrogent sur le titre:

Mme Michel, elle a l'élégance de l'hérisson : à l'extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse, mais j'ai l'intuition qu'à l'intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussement indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégantes.

jeudi, août 02, 2007

Lignes de faille, Nancy Huston

Solomon, Randall, Sadie, Kristina ou quatre générations hantées par un seul et même secret. Du petit garçon de six ans à son arrière grand-mère au même âge, on remonte le temps à chaque tranche de vie pour dévoiler un peu plus des mystères jusqu'à la faille originelle. Et c'est ainsi qu'on comprend peu à peu pourquoi Solomon est un enfant trop gâté porté sur la violence, Randall un conservateur raciste et pro-Bush, Sadie une mamie un peu triste obsédée par Israël et Kristina une vieille dame aux multiples prénoms. Le tout est très bien construit donc, le style est la retranscription des perceptions et des pensées d'enfants de six ans mais ça ne gêne pas pour autant la lecture. A la fin on est tenté de recommencer le livre du début, avec cette fois toutes les clés en main...



Un extrait de la partie de Sol:

J'ai des parents formidables qui s'aiment encore, ce qui n'est pas le cas de la plupart des enfants dans mon école maternelle. On peut voir qu'ils s'aiment parce que les photos encadrées de leur mariage et les cartes de félicitations trônent encore sur le buffet, alors qu'ils se sont mariés il y a sept ans ! En fait maman a deux ans de plus que papa, j'ai du mal à l'admettre mais elle a trente ans - certains enfants à l'école maternelle ont des mères de plus de quarante ans, la mère de mon ami Brian a cinquante ans, elle est plus vieille que ma grand-mère Sadie. Ça veut dire qu'elle l'a eu à quarante-quatre ans ce qui est dégoûtant, je n'arrive pas à croire que les gens continuent de baiser quand ils sont vieux. Oui je sais d'où viennent les bébés, je sais tout.

mardi, juillet 31, 2007

L'Immeuble Yacoubian, Alaa El Aswany

Entrez dans l'immeuble Yacoubian et découvrez les destins tragiques de ces habitants du Caire qui luttent au quotidien contre les nombreux fléaux de l'Egypte contemporaine: la corruption à tous les niveaux, le déterminisme social, l'hypocrisie religieuse, le fanatisme islamique, le machisme et l'homophobie entre autres...



A travers le regard dépourvu de jugement et sans cynisme de l'auteur, le lecteur peut se forger soi même une opinion sur la situation désespérée de ces personnages attachants, perdus, et le plus souvent impuissants. Il y a là Tahal, le fils du concierge dont la vocation frustrée fera un terroriste, Boussaïna son ex-fiancée, forcée de se laisser tripoter par son patron pour garder son travail, Zaki Dessouki le vieil idéaliste coureur de femmes, admiratif des valeurs de l'ancienne Egypte, Hatem l'homosexuel raffiné, fou d'amour pour un jeune officier soumis aux pressions de la société, Malak l'homme d'affaire débrouillard de petite envergure et son homologue à plus grosse échelle Hazam qui doit traiter avec les puissants...
Plein de vie et de tristesse, ce roman se dévore à pleines dents.

dimanche, octobre 22, 2006

Personne n'y échappera, Romain Sardou

Ce bouquin n'est pas un vrai coup de coeur mais il mérite le détour pour son originalité, d'autant qu'il se lit très vite et que les critiques que j'ai lues sont plutôt enthousiastes. Comme je n'ai pas trouvé d'image du livre, je vous ai mis une photo de l'auteur plus mignon que son père, ce qui ne gâche rien ;)


J'avais entendu parler du livre : à l'américaine, un thriller avec 24 cadavres. Je m'attendais à une histoire de serial killer, de psycopathe, thème que j'adore. Il y a un peu de ça mais pas tout à fait. L'originalité réside dans la spécificité du tueur. Les meurtres sont évidemment horribles même s'ils sont décrits avec une sorte d'attitude blasée ; pensez donc, 24 morts en un seul coup, il y a de quoi relativiser... Le tout vous tient biensûr en haleine du début à la fin (j'ai fini un matin à Trappes happée par l'histoire :). Une fin que je vous mets au défit de deviner...

Dans les mauvais points, l'originalité même du teur et de sa manière de tuer rend l'histoire plutôt alambiquée et tout sauf crédible. Ce qui m'a le plus dérangé, même si cela n'arrive que quelques fois dans tout le livre, c'est la formulation "hier, il avait..." au lieu de "la veille, il avait..". Je me demande encore la raison, si c'est censé participer au style d'écriture, rendre l'histoire plus "immédiate" car c'est très certainement volontaire.

Petit spoiler : le titre dit vrai ;)

jeudi, octobre 12, 2006

De l'art de dire des conneries, Harry G. Frankfurt

C'est la première fois que je lis un "essai" je crois... Enfin quand c'est aussi sérieux et long que ça (77 pages en police 14 avec des marges de 3 cm), c'est pas si compliqué!

Le titre, traduit de l'anglais "On bullshit", est trompeur car il ne s'agit pas ici des conneries dites pour s'amuser mais de ce qu'on appelle aujourd'hui le pipo, le blabla, le baratin...

On apprend donc à différencier le pipo du mensonge: alors que le menteur ment sciemment, dans le but de tromper, le pipoteur déguise plus ou moins volontairement la réalité, dans le but d'impressionner favorablement son auditoire.



Ne mens jamais lorsque tu peux t'en sortir en racontant des conneries.
Eric Ambler, Sale Histoire

Cette citation met un peu plus en lumière la nuance des concepts: mentir oblige en effet à avoir un bonne connaissance de la vérité, afin de pouvoir en modifier une partie tout en gardant un scénario cohérent, c'est donc plus difficile.

Pipoter, au contraire, n'implique aucune connaissance préalable et c'est d'ailleurs ce qui est à l'origine de la plupart des pipotages: par manque de connaissance, on invente pour ne pas avouer que l'on ne sait pas. On pipote dans le but de donner une meilleure représentation de soi-même plutôt qu'une représentation exacte du monde réel.

Ca donne à réfléchir... ;o)

jeudi, septembre 07, 2006

La Poursuite du bonheur, Douglas Kennedy

Ce bouquin se lit d'une traite! La preuve, c'est que je me suis relevée cette nuit pour aller le terminer dans la salle de bain!

Il se présente sous la forme de deux récits imbriqués. C'est d'abord celui de Kate, une jeune mère divorcée qui découvre l'existence d'une vieille dame étrange à l'enterrement de sa mère. Très vite elle va s'apercevoir que cette femme mystérieuse qui cherche à lier contact de manière insistante, sait presque tout de sa vie. C'est donc avec un mélange de curiosité et de colère qu'elle accepte le manuscrit que lui confie l'inconnue.



Et c'est avec Kate que l'on plonge dans l'histoire romanesque et tragique de Sara Smythe. Des Etats-Unis d'après guerre aux années noires du Mccarthysme, Sara vit un grand amour contrarié avec Jack Malone, le père de Kate. Mais ils courent après le bonheur sans jamais l'attraper, leur destin n'étant que la conséquence inévitable de leurs choix. Si vers la fin on est proche du mélodrame, les personnages ont une ambivalence qui n'en fait pas des stéréotypes et l'on pardonne à l'auteur de nous avoir si bien pris au piège.

mercredi, juillet 19, 2006

Rentrée nouvelles pour le bus

La RATP organise un concours de nouvelles : il faut écrire environ cinq pages inspirées d'une photo de bus. Le tout est à envoyer avant le 1er septembre 2006. Le règlement et les détails du concours se trouvent ici, pour ceux que ça intéresse.

samedi, juin 10, 2006

Bienvenue au club, Jonathan Coe

Encore une merveille signée Jonathan Coe...



L'auteur nous brosse le portrait de quelques jeunes étudiants des années 70 en Angleterre. Avec eux, on plonge dans le climat social en Angleterre avec ses grèves, ses nationalismes, notamment avec l'IRA, ses mutations politiques... Mais ce sont avant tout des jeunes qui nous font connaître leurs goûts musicaux, leurs premières expériences sexuelles, la naissance de leurs ambitions, de leurs rêves et la révélation de leurs talents. On ne s'ennuie pas une seconde dans cette histoire racontée par de multiples voix : les différents personnages, un journal intime, le journal de l'école... La plume toujours subtile de Jonathan Coe nous fait passer des larmes au rire comme dans cet extrait :

Devant lui, sur une table basse, il vit une main en plastique grandeur nature qu'il prit pour un accessoire du Club théâtre. Offrant un numéro fort distrayant, il la prit, lui serra la main, se gratta la tête avec, puis l'aisselle. Il faisait mine de s'en servir pour se curer le nez lorsque la femme du proviseur se pencha, la lui prit sans un mot et la fixa en gestes vifs et précis au moignon lisse et arrondi qui terminait son bras. Il était le seul à ne pas avoir remarqué qu'il lui manquait une main.

Le dernier chapitre (c'est souvent mon problème) est un peu décevant : le style est différent, on aimerait que ça continue... Mais en fait, il y a une suite, "Le cercle fermé", où, semble-t-il, on suit les mêmes personnages dans leur vie d'adulte.

lundi, mai 29, 2006

Le Bûcher des vanités, Tom Wolfe

C'est Jeff qui nous avait conseillé ce livre et deux ans après, je me suis enfin décidée à le lire... Merci donc, puisque j'ai adoré!

Cette critique acerbe de la société new-yorkaise des années 80 n'épargne personne, du pitoyable dealer du Bronx au golden boy timoré de Park Avenue, en passant par les magistrats mesquins et les journalistes avides de scandale... et le lecteur se régale devant cette étonnante galerie de portraits.


Dans un contexte d'inégalités raciales criantes et à la veille des élections, on assiste à l'instrumentalisation du débat de l'égalité devant la justice... Ou pour récupérer des voix on n'hésite devant rien. Il y en a un qui va prendre plus cher que les autres évidemment, et ici le bouc émissaire est un gars de la haute, sur lequel on va s'acharner pour faire croire aux pauvres qu'ils ne sont pas les seuls à en baver...

J'ai particulièrement aimé les scènes réjouissantes où le héros (si l'on peut dire) appelle par erreur sa femme d'une cabine téléphonique alors qu'il a prétexté une promenade du chien pour pouvoir téléphoner à sa maîtresse... ou encore celle où l'obscur procureur invite dans un resto qu'il peut à peine payer avec son salaire une super nana qui s'ennuie ferme...

Pour ceux qui ne l'auraient pas encore lu, n'hésitez plus, ce pavé se lit d'une traite!

jeudi, mai 04, 2006

Quand j'avais 5 ans, je m'ai tué, Howard Buten

Un livre pas comme les autres...



Le narrateur est un petit garçon, entre 5 et 8 ans qui se retrouve dans une sorte d'hôpital psychiatrique pour enfants. Il nous raconte, avec ses mots, sa vie d'enfant avec parfois quelques anecdotes plutôt amusantes.

Shrubs y était aussi. Il doit toujours rester après l'école pasqu'il s'arrange toujours pour avoir des ennuis. (Une fois il a même eu des ennuis pour avoir écrit lui-même son mot d'excuse pour une absence : il avait écrit qu'il avait le cancer du poumon.) Cette fois, c'était pour avoir mangé des bonbons pendant le cours de Mlle Crowley. Elle lui avait dit que c'était mal élevé de manger si on n'en avait pas assez pour en offrir à tout le monde. Alors Shrubs avait ouvert son pupitre et il avait jeté trente bonbons en l'air en hurlant : "Bonne année tout le monde !"


C'est un joli livre mais qui m'a parfois mise un peu mal à l'aise : est-ce qu'un petit enfant fait vraiment ce genre de choses ? comment étais-je à cet âge-là ?
Ne lisez surtout pas un résumé avant, sans quoi vous ne seriez pas tenu en haleine comme je l'ai été jusqu'aux dernières pages pour découvrir ce que Gil avait fait de mal. Cette découverte n'a pas été sans un certain malaise encore une fois. C'est étonnant comme l'univers de l'enfance m'est apparu éloigné voire inconnu. A croire qu'on grandit trop vite.

Décidément, je suis un peu trop chochotte pour les bêtises d'enfants !

mercredi, avril 26, 2006

La rage au bois dormant, Christiane Baroche

A la fin de leur vie, deux femmes se retrouvent et partagent à nouveau leur passé, une même histoire en somme, mais aux facettes multiples.


Un livre plein d'émotion raconté à trois voix : Judith, Adèle et Maître Falloires. Leur vie passe par la seconde guerre mondiale, du côté de la résistance, mais ce qui compte surtout, c'est la vie quotidienne avec les histoires d'amour, de famille et du village, un village de campagne avec ses rumeurs, sa curiosité et sa méchanceté parfois.

J'ai particulièrement aimé le ton très humain de la narration, très vrai et rempli de sentiments.

jeudi, mars 23, 2006

A ce soir, Laure Adler



Un livre émouvant... Une histoire vraie, celle de l'auteur dont le bébé est mort. Pas de mystère dans ce livre, ou de suspens. On sait d'avance, mais comme elle on espère, on se raccroche aux minces rayons d'espoir...
L'histoire est un peu décousue, même dans sa construction typographique : quelques phrases,beaucoup de lignes vides, des retours dans le passé et des sauts dans l'avenir. On voyage dans son esprit, elle qui ne sait rien ou si peu. On sait ce qu'elle sait, pas grand-chose, mais ça suffit pour comprendre et souffrir un peu avec elle.

samedi, février 11, 2006

Le Livre de Saphir, Gilbert Sinoué

Décidément, je suis gâtée par les lectures que vous m'offrez ! C'est un livre parfait pour une passionnée de cistes.


Toute l'histoire est une fabuleuse quête dans la veine du Saint Graal, sauf que l'objet recherché est le livre de saphir. L'intérêt est ici aussi profondément religieux.

Trois hommes sont obligés de s'unir pour retrouver le livre de saphir : un juif, un musulman et un moine franciscain, tout cela sur fond d'inquisition espagnole au 15ème siècle, alors que les arabes occupent encore le sud de l'Espagne. Une femme chrétienne, Manuela, les rejoindra assez vite, pour en tirer des informations qui intéressent les pouvoirs religieux en place. Son arrivée est très bénéfique car elle permet de mettre en avant d'autres facettes des personnages, sans compter qu'elle apporte une réelle dose de tolérance particulièrement appréciable. Car si les adeptes des trois religions sont obligés de travailler ensemble, ils ne partagent pas les mêmes convictions et le font bien savoir.

On suit donc les 4 aventuriers à travers les villes espagnoles, chaque ville visitée correspondant à chaque fois à la résolution d'une partie de l'énigme complexe et permettant de découvrir un objet. Leur quête se mêle aux intrigues de l'Inquisition par le biais de Manuela, ce qui pimente encore l'ensemble.

Mon seul regret est de n'être pas à la hauteur des énigmes. L'auteur ne cherche pas à faire participer le lecteur à leur résolution car elles sont destinées à de véritables savants des 3 religions. L'univers historique est tout aussi complexe et proche de la réalité. On croise même un certain Cristobal Colon au détour de quelques pages...

On se laisse porter par l'histoire, et on tente de s'instruire !

La maison du sommeil, Jonathan Coe

Je n'ai pas aimé, j'ai adoré !



Ce livre pourrait être un scénario d'Almodovar tant par les thèmes abordés que par les névroses des personnages mis en scène. Le grand héros, comme le titre le laisse supposer, est le sommeil, sommeil dont les rêves se substituent parfois à la réalité.

Une maison est la scène des événements, d'abord maison d'étudiants, elle devient clinique du sommeil, où les mêmes étudiants se retrouvent. "Si on se donnait rendez-vous dans 10 ans, même jour, même heure" façon Jonathan Coe. Coïncidence biensûr, mais naturelle, car finalement elle ne fait que rapprocher des êtres unis par un rapport maladif au sommeil.

L'univers créé par l'auteur est réellement particulier et intrigant :
- sexualité qui se cherche ;
- dangers de la recherche ;
- troubles du sommeil....

De multiples pistes sont fournies pour deviner la suite de l'histoire, mais on est cependant surpris. La dernière surprise étant une histoire d'amour où toutes les limites sont franchies pour espérer être aimé.

L'auteur m'a laissé un peu sur ma faim. Tout est dit, certes, mais l'univers duquel on s'imprègne petit à petit, auquel on s'accroche, me manquait lorsque j'ai refermé les pages...

Vous allez le dévorer les yeux fermés ;o)

jeudi, décembre 15, 2005

Cul-de-sac, Douglas Kennedy

Nick Hawthorne, la quarantaine, est journaliste pour un obscur quotidien du fin fond des Etats-Unis. Un beau jour, il décide de tout plaquer pour une virée au coeur de l'Australie. Il est attiré par ce gigantesque territoire traversé par une unique route longue de 3000 km qu'on appelle l'outback.

Mais quand il se retrouve marié de force à une autochtone plutôt vindicative et prisonnier de fous furieux dans un bled paumé, l'enfer ne fait que commencer...



Ce que j'ai préféré dans ce roman noir, plus encore que l'originalité de l'histoire, c'est le style décapant de l'auteur, mêlant argot et humour pour nous faire rire des situations les plus oppressantes. En voici quelques exemples:

"Je craque pour une carte périmée dans une librairie de Boston et deux heures après, dans un hôtel à puces et entre deux haut-le-coeur, je décide de tout plaquer et de partir pour le trou du cul de l'Australie. [...] Je demande un visa. Je prends un billet d'avion. Et, trente-six heures plus tard, je débarque à Darwin. Moralité: À trop aimer les cartes, on perd la boussole."


"Dès que je l'ai vu, j'ai su que je ne pourrais pas résister. C'était une vraie pièce de collection: un combi VW des années 70, qui m'a tout de suite rappelé mes années de fac - l'époque où tout adepte de la contre-culture s'Achetait un minibus d'occasion, le bombait en rose indien, et se tirait sur les traces de Kerouac pour communier avec le karma de la Route."


En tout cas, voilà un livre qui se lit super vite et qui risque de vous faire passer l'envie d'aller faire un tour en Australie!

PS: Merci Béré ;o)

lundi, décembre 05, 2005

Et après... Guillaume Musso

Ce blog est là pour les livres qui nous ont marqués. Si ce livre m'a marqué, je ne l'ai pourtant pas adoré. J'ai malheureusement du mal à adhérer aux contes de fée, aux lutins imaginaires ou autres facéties d'auteurs.


Nathan, le héros, est avocat comme seuls les américains savent l'être : riche, divorcé, un jogging le matin et du travail à en oublier de vivre. Américain aussi, parce que, d'origine pauvre et italienne, il a réussi à gravir les échelons de la société à la sueur de son front. Mais un jour, cette vie bien rôdée vouée à la réussite sociale va être bouleversée par une rencontre avec la mort, ou plutôt son Messager.

Ce livre pose, par ce biais, un certain nombres de questions. Que feriez-vous si vous saviez votre mort proche ? Comment peut-on partir "l'âme en paix" ? Comment accepter la mort ? "Et après..." que se passe-t-il ? On n'obtient pas toutes les réponses biensûr mais le seul espoir réside dans l'amour ; telle est l'idée de l'auteur.

Alors biensûr, on pleure de voir la détresse des gens confrontés à une vie qu'il rendent eux-même insupportable, on pleure de voir la détresse de ceux qui souffrent de la mort d'un être aimé... J'exagère un peu, car finalement, je n'ai pas tant pleuré que ça ! Le ton n'est pas vraiment pessimiste malgré les thèmes abordés, car le bonheur n'est jamais inaccessible.

Et voici donc pourquoi je n'ai pas tant adoré : 350 pages avec l'idée de la mort en permanance, avec une dizaine de morts réelles évoquées, avec une théorie un peu illuminée - au sens propre ! - sur le rite du passage et l'Amoooouuur le VRAI qui aide à tout surmonter...

Quoi qu'il en soit, on boit ce triste sirop jusqu'à sa dernière goutte qui ne manque pas de surprendre.

samedi, décembre 03, 2005

Les fourmis, Bernard Werber

Je voulais le lire depuis longtemps et je l'ai enfin fait ! Aucune déception pour le premier volet de la trilogie intitulé "Les fourmis".


Une aventure dont les fourmis sont les héroines : on voit le monde à travers leurs petits yeux et on essaie de comprendre... Pour être plus exacte, l'histoire des fourmis et des hommes s'entremêle.
Dans le monde des hommes, de mystérieuses disparitions dans une cave profonde retiennent l'attention, tout cela sur fond de pensées philosophiques d'un savant passioné de fourmis.
Du côté des fourmis, un prédateur inconnu s'attaque parfois aux fourmis d'une manière complètement inattendue et sans appel. Certaines fourmis sont soupçonnées d'avoir un lien avec ce qui se passe. Trois fourmis courageuses vont s'unir pour connaître la vérité, au mépris de leur vie !

J'ai été passionnée par l'histoire et tenue en haleine du début à la fin. On s'identifie, on s'attache aux héroines fourmis. J'ai adoré découvrir et plonger dans leur univers.
Le seul point négatif est lié à l'invraisemblance de certains détails qui n'apparaissent, cela dit, qu'une fois qu'on a fermé le livre. La suite me laisse plus circonspecte. L'histoire continue, on suit les mêmes personnages et on s'attache à d'autres dans "Le jour des fourmis". Cependant, la théorie de plus en plus affirmée selon laquelle l'expérience des fourmis permettrait de résoudre tous les problèmes des hommes m'a parfois révoltée, particulièrement à la fin du livre...

mercredi, novembre 02, 2005

Oracle Night, Paul Auster

J'ai adoré!

Au fur et à mesure qu'on avance dans le livre, on est de plus en plus captivé. Au début c'est un peu un roman à tiroirs, avec des histoires imbriquées les unes dans les autres, qui font que la fiction se mêle à la réalité à l'intérieur même du roman, nous perdant dans un dédale de personnages. Puis petit à petit, la vérité nous apparaît, et tout s'explique...



Le narrateur, Sidney Orr, est un jeune écrivain qui se remet lentement d'une longue maladie. Pour se remettre à l'écriture, il achète un petit carnet bleu, et comme par magie, se met à le remplir fébrilement de réminiscences et d'élucubrations, si bien qu'à un certain point, on ne sait plus si les actes qu'il nous décrit sont les délires de son imagination ou la réalité qu'il vit. Lui même est extrêmement troublé par les répercussions que semble avoir son histoire sur sa propre vie.

Je n'en dit pas plus pour ne pas tout gâcher... mais franchement, j'ai beaucoup aimé, et en plus, c'est très bien écrit!

vendredi, octobre 21, 2005

Calvin and Hobbes

Bon, alors pour renouveler un peu ce blog dépérissant, je poste ma dernière lecture, la BD de Calvin and Hobbes que j'ai eu pour mon anniversaire!





Avant, je ne connaissait pas trop "Calvin and Hobbes", j'avais dû lire deux ou trois histoires il y a longtemps et j'avais pas trop accroché. Du coup j'ai redécouvert et j'ai vachement plus apprécié. D'ailleurs bien que le personnage principal soit un petit garçon de 6 ans, cette BD se destine plus aux adultes... Ce qui nous fait rire, c'est le décalage entre les réflexions souvent très philosophiques de Calvin et son attitude plutôt puérile. Ainsi, s'il voit d'un oeil très critique l'état du monde actuel avec la pollution... , il est capable de dérouler des trésors d'imagination pour prouver à sa mère qu'il ne peut avaler la purée qu'elle a préparée.

Hobbes, son meilleur ami, est en fait un tigre en peluche que lui seul voit bouger et parler. A eux deux, ils jouent, regardent la télé, explorent le monde et discutent à n'en plus finir, tour à tour subtils et pleins de mauvaise foi.





Comme Calvin est un horrible sale gosse, ses parents se montrent souvent peu compréhensifs avec lui: son père est prêt à lui raconter n'importe quoi dès qu'il ne connaît pas la réponse aux questions qu'on lui pose, et sa mère est blasée par ses bêtises.

Et pourtant Calvin sait se montrer attachant et son énergie débordante est toujours à l'origine d'idées plus tordantes les unes que les autres. Pour vous laissez en juger, voici quelques planches en ligne:

http://www.calvin-und-hobbes.com/chdance.gif
http://www.grenoble.iufm.fr/departe/anglais/Annales/images/sujet11.GIF
http://www.cooperativeindividualism.org/calvin-on-marx-and-religion.jpg

Et si vous voulez en profiter pleinement, je peux même vous prêter mon livre!

PS: merci encore pour ce beau cadeau!

mercredi, août 03, 2005

The Last Family in England, Matt Haig

Voilà un bon bouquin très sympa à lire, même pour ceux qui ne sont pas fans comme moi de nos amis à quatre pattes... :o)

C'est Prince, un jeune labrador noir, qui nous raconte sa vie au quotidien dans la famille Hunter. En digne représentant de sa race, il tente de suivre à la lettre le fameux "pacte des labradors": pour pouvoir gagner la récompense éternelle (une place au paradis des chiens), il doit protéger à tout prix la famille qu'il a en charge, sans jamais recourir à la violence. De plus, céder à tout plaisir uniquement canin tel que les reniflages crados ou les courses effrénées dans la forêt, est fortement déconseillé...



Bien loin d'être niais, le livre est plutôt mélancolique, au fur et à mesure que Prince assiste, impuissant, à l'effondrement de sa famille. L'auteur nous ménage néanmoins quelques franches rigolades qui allègent un peu la gravité de la situation.